Répétitions de L'amour médecin - 15 mars 10
Petit résumé de Claude Buchvald.
"Sganarelle,
(veuf) ne sait comment consoler sa fille Lucinde éperdue de chagrin. (...)
Lisette, qui n'a en tête que le bonheur de sa maîtresse, ose prétendre que seul
un mari pourrait la guérir de son extrême mélancolie ! Sganarelle n'en veut
rien savoir. Il enrage. Le mal de sa fille empire... Il convoque quatre
médecins, des plus réputés, sans résultat. (...) Lisette propose alors les soins d'un nouveau médecin... En fait de médecin, il s'agit de Clitandre
l'amoureux de Lucinde (...)"
Crédits photo : Claire Thomas
Lucinde Sganarelle et ses conseils

L'affiche et le tract
Du parquet, La folie Sganarelle en rouge, un visuel simple et suggestif !
La folie Sganarelle, par Adrien Cornaggia
"Mais moi, je guéris par des paroles, par des sons, par des lettres, par des talismans et par des anneaux contellés." (Clitandre, in L'Amour médecin, acte III, sc. 5)
Seront jouées dès
le 12 avril trois pièces courtes de Molière qui firent le plaisir et la bonne joie des gens de la cour versaillaise, à la fin du XVIIème siècle : L'Amour médecin (1666), Le Mariage forcé (1668) et La Jalousie du barbouillé (date inconnue, prob.vers 1660).
Le travail prend essors et appuis depuis le 2 mars 2010, sous la coupe franche et tout aussi exaltée de Claude Buchwald. À ce jour, nous avons passé en revue les trois œuvres, les avons saluées avec une complice, parfois nerveuse, gravité, sans cesser d'en fouiller joyeusement le fond de l'œil. Un travail d'un laborieux charmant, fait "pugnis et calcibus, unguibus et rostro" . Les comédiens de troisième année, ainsi que toute l'équipe, nantis d'un repos bien chiche depuis le début des ateliers, n'en goûtent pas moins la riche puissance des mots et des images, qui suffisent à écarter un psychologisme moribond et ascète, pour évoquer la rigueur ou candeur d'un caractère, la risibilité des mœurs d'un temps qui geignait à se voir peindre ainsi… puissance des mots qui se font action et "maïeutiqueurs" de pensée. Aujourd'hui, "quel auteur cogne aussi dur dans la viande ? " (Claude Buchwald). Avis…
La farce, puisqu'il s'agit ici de farces, ne doit, par son nom, nullement appeler nos mémoires à considérer les bêtises aisées d'une littérature potache, d'un théâtre complaisant et réactionnaire. Non, car ici la farce croît dure et implacable, en ce que nous assistons au sacrifice d'un caractère, d'une époque, d'une histoire intime et d'une humanité perfectible. Ainsi, loin d'épouser la facilité d'une farce grotesque et ignare de sa propre vis comica, l'œuvre de Molière, représentée du 12 au 23 avril 2010 à travers les trois pièces citées, se défait du pathos et de l'ego. Pour jouer la farce, il faut accepter la défiguration. Chez Molière, l'idiot n'est pas plus Sganarelle, qui dérive et décline, que le philosophe plein de sa science aigre et monstrative. (cf L'Idiot, Dostoïevski). "Ce n'est ici qu'un simple crayon, un petit impromptu, dont le roi a voulu se faire un divertissement.(…)On sait bien que les comédies ne sont faites que pour être jouées.(…)"(in Au lecteur, préface de Molière pour L'Amour médecin)
La farce est l'espace mental de l'horreur, tant le rire peut celer une réelle appréhension de la décadence, la nôtre comme celle des autres, ainsi que de la déclinaison sans fin de nos petits travers.
Ce lundi 15 mars, nous continuons notre travail d'orfèvre tout en n'oubliant pas que "la science ne se mesure pas à la barbe" .
Adrien Cornaggia, le 14 mars 2010.
Les grands débuts du 2e atelier-spectacle
Ça y est !
Ils déambulent dans le hall ou les couloirs, déclamant Molière :
les élèves comédiens de 3e année sont lancés sur le 2e atelier spectacle !
L'Amour médecin,
Le Mariage forcé et
La Jalousie du Barbouillé
sont leurs nouveaux livres de chevet.
Depuis le 1er mars avec Claude Buchvald,
ils répètent tous les après-midi pour 6 semaines de travail intensives :
la première est prévue pour le 12 avril !
Mais c'est également tous les participants à cet atelier qui sont en ébullition :
concepteurs et administrateurs travaillent déjà d'arrache-pied !
(et c'est pas peu dire !)
Incessamment sous peu, vous aurez les premières photos...
Les projets s'enchainent !
Claude Buchvald
(metteur en scène, comédienne et enseignante au département Théâtre de l'Université Paris VIII )
et Thierry Pariente
(directeur de l'ENSATT)
à la réunion préparatoire du prochain atelier-spectacle (3 farces de Molière)

13 février 2010








